Bulletin d'information no 103

La population fête sa victoire: le projet de mégamine d’or a été balayé dans les urnes. Photo: Viviana Sánchez

Processus de paix en Colombie

Lutte pour la participation populaire

 

Le 26 mars 2017 fera date dans la lutte contre l’extractivisme. Ce jour-là, les habitants du village de Cajamarca (Colombie) ont rejeté la politique minière excessive du gouvernement central. Consultés sur l’ouverture d’une gigantesque mine d’or sur le territoire de leur commune, 98 % des votants ont déposé un « non » dans l’urne.

Pour beaucoup de paysans et de paysannes de la localité, il était évident que la mine provoquerait surtout des nuisances : destruction de l’environnement, pollution de l’eau, expulsions et disparition de la culture agricole. C’était trop cher payer pour laisser une entreprise privée creuser la montagne afin d’exporter 26 millions d’onces d’or.

Par cette votation, les habitants de Cajamarca ont prouvé que la population peut obtenir le droit d’être consultée et qu’elle doit bénéficier d’un droit de codécision lorsqu’il est question de son territoire, de ses lieux de vie et de son avenir.

Faire respecter ce droit s’avère indispensable dans la situation actuelle : le gouvernement affirme certes vouloir promouvoir la paix et a même conclu un accord de paix (qu’il n’applique d’ailleurs qu’en partie) avec la guérilla des FARC-EP. Dans le même temps, il poursuit des mégaprojets miniers et énergétiques, tout en omettant de préciser qu’ils engendreront inévitablement des déplacements forcés et des conflits fonciers.

Depuis le début du processus de paix, la violence paramilitaire a pris des proportions alarmantes en Colombie. Entre début janvier et fin avril de cette année, trente-trois dirigeantes et dirigeants de mouvements sociaux ont été assassinés. La violence et les menaces visent plus spécialement les organisations qui demandent que l’accord de paix soit appliqué et que la population puisse participer au processus de paix. De son côté, le gouvernement nie l’existence même des paramilitaires et les autorités ont lancé une nouvelle vague de criminalisation des mouvements sociaux.

Le SOLIFONDS utilisera le produit de la présente collecte de fonds afin de soutenir les mouvements populaires de Colombie dans leur lutte pour la participation et contre la criminalisation.