Bulletin d'information no 86

Menottés et enfermés dans une cage en verre : voilà comment les grévistes du pétrole ont assisté à leur procès en juin 2012. Photo : REUTERS/Olga Yaroslavskaya

Kazakhstan – soutien au mouvement des syndicats indépendants

Solidarité avec les grévistes jetés en prison !

En mai 2011, Janaozen, ville pétrolière de l’ouest kazakh, a été le théâtre de l’un des plus graves conflits du travail de l’ère postsoviétique : des milliers d’ouvriers du pétrole se sont mis en grève pour réclamer une hausse salariale, de meilleures conditions de travail et la reconnaissance des syndicats indépendants. Les grévistes ayant été licenciés en masse, le mouvement a gagné en ampleur : les ouvriers et leurs sympathisants ont envahi la ville et dressé des tentes sur la place centrale, où ils ont tenu des assemblées chaque soir. Le 16 décembre 2011, après sept mois de grève, la police a brutalement réprimé le soulèvement : seize manifestants au moins ont été tués et plus de soixante-quatre blessés, le plus souvent par balles. Les jours suivants, la police a arrêté des centaines de personnes, leur reprochant d’avoir organisé les manifestations ou y avoir participé. Beaucoup ont été maltraitées durant leur détention.

Trente-sept des détenus ont ensuite fait l’objet de graves inculpations : ils auraient « provoqué des troubles sociaux » et « déstabilisé la situation régionale ». Sept accusés, qui avaient publiquement soutenu la grève des ouvriers du pétrole, ont été condamnés à de longues peines de prison et sont toujours derrière les barreaux.

Le massacre de Janaozen a révélé une nouvelle dimension de la violence et de la répression exercées par le gouvernement kazakh, dont l’objectif est de tuer dans l’oeuf tout mouvement syndical indépendant, de même que toute autre forme de protestation sociale. Au nom de la sécurité publique, la liberté de la presse a été restreinte, de sorte que les médias indépendants et de l’opposition ont dû suspendre leurs parutions.

Deux ans après le massacre, une campagne internationale a été lancée pour faire libérer les personnes emprisonnées. La diffusion d’informations et l’envoi de lettres de protestation visent à faire pression sur le gouvernement. Il importe toutefois aussi, de toute urgence, de soutenir et de renforcer les syndicats indépendants, tant au Kazakhstan qu’en Europe de l’Est en général.