Bulletin d'information no 92

Quel avenir pour l‘Afrique ? Jeunes Tunisiennes et Tunisiens devant le monument érigé dans le cadre du Forum social mondial 2015 (Tunis) à la mémoire des réfugiés morts en mer. Photo : SOLIFONDS/us

Au nord, au sud et à l’ouest – ça bouge en Afrique !

Une économie au service des gens, pas du profit

En Tunisie, dans plusieurs Etats d’Afrique occidentale et en Afrique du Sud, on se mobilise : diverses campagnes, en cours ou en préparation, poursuivent le même objectif : instaurer une économie qui soit au service de la population, une économie qui garantisse un revenu et un avenir aux gens là où ils vivent.

Quatre ans après le printemps arabe, la reprise économique se fait attendre en Tunisie. Au lieu de financer les infrastructures, la création d’emplois et les programmes sociaux, la majeure partie des fonds publics est dédiée au service de la dette. Pas étonnant que les jeunes se soient largement abstenus de voter lors des dernières élections. Désabusés, ils lorgnent à nouveau du côté de l’Europe, malgré les dangers de la migration. Face à cette situation, le Rassemblement pour une alternative internationale du développement (RAID) lance une campagne en faveur d’un audit de la dette publique tunisienne. L’objectif est d’effacer les dettes illégitimes, de réduire le service de la dette et de mettre fin aux mesures d’ajustement structurel imposées à la Tunisie, afin que celle-ci puisse s’ouvrir des perspectives économiques.

En Afrique de l’Ouest, la multinationale franco-belge Socfin, dont le siège opérationnel se trouve à Fribourg (Suisse), ne cesse d’étendre ses plantations de palmier à huile et de caoutchouc, privant ainsi un nombre croissant de petits paysans de leurs moyens de subsistance. Réunis en association, ceux-ci organisent des blocus et des occupations pour dénoncer ces agissements, qu’ils jugent illégaux et dignes du colonialisme. Ils sont alors poursuivis en justice, condamnés et, finalement, contraints de s’en aller.

Il y a deux ans, les ouvrières et ouvriers agricoles sud-africains ont obtenu une hausse de leur maigre salaire au terme d’une grève. Mais les patrons leur mènent désormais la vie dure : ils ont multiplié les licenciements et les expulsions, violent les normes du travail et lancent des plaintes abusives contre leurs salariés. Les travailleuses et les travailleurs doivent continuer à lutter pour leurs droits.

Une autre économie est indispensable. Du nord au sud de l’Afrique, le SOLIFONDS soutient dès lors des initiatives qui visent à l’instaurer.