Rapport annuel 2012

Manifestation contre le putsch de juin 2012 au Paraguay.

Multinationales suisses – criminalisation des mouvements sociaux –
travailleurs et travailleuses s’organisent

La criminalisation de mouvements sociaux a constitué une de nos priorités durant l’année écoulée. En Amérique latine, en Asie et en Afrique, les syndicats, les paysans et les paysannes ainsi que tous ceux qui défendent leurs terres contre l’extension des monocultures ou l’exploitation minière ne sont plus seulement confrontés à la répression. Des plaintes pénales abusives visent à briser leurs mouvements et à saper leur énergie, leurs maigres ressources et, surtout, leur crédibilité. Cette année plus que jamais, le SOLIFONDS a contribué à financer l’assistance juridique, des mobilisations et la diffusion d’informations destinées à contrer de telles stratégies de criminalisation : au Paraguay, où un massacre de sans-terre a servi de prétexte pour destituer le président Fernando Lugo, les survivants ont été accusés de meurtre ; au Guatemala, le gouvernement a répondu par la militarisation et des arrestations à la population qui s’oppose à la construction d’une usine hydroélectrique ; au Pakistan, les patrons ont invoqué la loi antiterroriste contre des syndicalistes, espérant ainsi les faire traduire devant des tribunaux spéciaux ; en  Colombie, de nombreux dirigeants de syndicats et d’autres mouvements font l’objet de plaintes fallacieuses.

Les multinationales et les matières premières ont également donné fort à faire au SOLIFONDS : au Zimbabwe, des communes refusent que leurs terres soient vouées à la culture de canne à sucre destinée à la production d’agroéthanol ; la population d’Espinar (Andes péruviennes) lutte contre la pollution provoquée par la multinationale suisse Xstrata ; les intérimaires qui travaillent chez le cimentier Holcim en Inde revendiquent des contrats fixes depuis des années.

Ces douze derniers mois, nous avons cependant également pu suivre des projets prometteurs menés dans des secteurs précaires : les employées de maison au Mali, les ouvrières à domicile et les ouvriers de la démolition navale au Pakistan ainsi que les employées de l’emballage de produits maraîchers dans le sud de l’Espagne ont créé des syndicats afin d’exiger le respect de leurs droits fondamentaux.

Et les premiers succès furent au rendez-vous ! L’espoir d’un avenir démocratique motive toujours la lutte des organisations populaires au Maghreb. En Tunisie, nous avons soutenu leur engagement pour une économie plus juste. En Algérie, les syndicats autonomes et les associations de chômeurs défient la classe politique au pouvoir

en diffusant des contre-informations.